mercredi 11 octobre 2023

Réussir le virage préventif des cancers

Chapitre : Santé et science de la vie

Par : Centre Léon Bérard / École de santé publique de l’Université de Montréal (ESPUM)

Centre Léon Bérard, salle ONCORA, 28, rue Laennec, 69008

En France comme au Québec et au Canada, les cancers représentent la première cause de décès. Au Canada, 2 Canadien.nes sur 5 recevront un diagnostic de cancer au cours de leur vie et 1 Canadien.es sur 4 en décèdera. En France, 1 homme sur 5 et une femme sur 6 recevra un diagnostic de cancer ; un homme sur 8 et une femmes sur 11 en décèdera. Ce qui plus est, il existe des inégalités sociales en matière de risques et de mortalités dus aux cancers en France comme au Québec/Canada. Par rapport à des populations favorisées socialement et économiquement, les populations défavorisées ont une incidence et un risque de décès par cancer plus élevés. Ces écarts sont renforcés par des inégalités de littératie en santé. 

Plus de 40% des cancers sont attribuables à des facteurs de risque modifiables tels le tabagisme, l’inactivité physique, une alimentation trop riche en gras et en sucre et la consommation excessive d’alcool. Pour prévenir les cancers et en réduire les fardeaux, il y a lieu de conceptualiser, mettre en œuvre et évaluer des approches populationnelles de promotion de la santé ET des stratégies de prévention ciblées sur des personnes présentant un risque accru de cancer. Or, actuellement, ces approches sont fragmentées et ne permettent pas de tenir compte des interactions complexes entre le mode de vie et l’environnement, ainsi que le contexte moléculaire, physiologique, psychologique et social individuel.

Il est important d’améliorer l’intégration entre les différentes composantes de la promotion de la santé et de la prévention du cancer, notamment une meilleure articulation des interventions en population, adoptant des approches « aller vers », le repérage des facteurs de risque, et des approches de prévention ciblées auprès des personnes présentant un risque augmenté de cancer. 

Pour relever ces défis complexes et pluriels, et surmonter la fragmentation actuelle de la prévention du cancer, il est nécessaire d’adopter des stratégies novatrices fondées sur la recherche transdisciplinaires, l’expertise intersectorielle de terrain, et des approches participatives. Ainsi, l’atelier portera un regard croisé sur les approches innovantes visant à surmonter la fragmentation des approches en prévention des cancers, et réunira une table ronde de chercheurs et acteurs des politiques publiques pour identifier et prioriser les questions de recherche et les actions à mettre en œuvre. Des exemples d’études réalisées grâce à des partenariats entre chercheurs et acteurs de terrain tant à Lyon et la région Lyon-Auvergne-Rhône-Alpes qu’à Montréal et sa région métropolitaine permettront d’illustrer comment la lutte contre le cancer peut progresser grâce à la recherche interventionnelle. Pour donner suite à des présentations magistrales, des discussions en petits groupes permettront d’identifier les voies les plus porteuses à poursuivre pour prévenir les cancers et réduire les inégalités sociales y étant associées. Les fruits de ces échanges et des présentations seront consignés dans un exposé de position (i.e., « position paper ») ou un livre blanc qui permettra de catalyser la recherche interventionnelle en prévention des cancers et de stimuler le partage et l’échange de connaissances avec les acteurs des milieux réels de pratique. Notre hypothèse est que la création d’un système de prévention des cancers qui soit efficace et réellement apprenant nécessite que les avancées scientifiques soient produites et partagées rapidement au profit des populations et des patients et que les perspectives du terrain orientent la formulation des questions de recherche et soient cultivées par des partenariats soutenus et pérennes entre chercheurs et acteurs de terrain.

Notre projet s’inscrit donc dans la thématique de la transition à trois titres. D’abord, il participe de ce que l’on pourrait appeler le « virage préventif » que sont en train de prendre les pays du Nord. Pour faire face à des systèmes de soin de plus en plus sous contrainte et l’augmentation du fardeau des maladies chroniques que les traitements ne pourront endiguer, nos systèmes de santé se doivent d’intervenir en amont même de l’apparition des maladies. La prévention apparaît ainsi comme l’une des priorités du « G7 Cancer », collaboration internationale regroupant 7 pays membres, dont la France et le Canada et visant à accélérer les progrès contre le cancer à l’échelle mondiale. Ensuite, notre démarche s’inscrit dans la transition des approches mono-disciplinaires en santé vers des approches pluridisciplinaires, voire transdisciplinaires. Longtemps marquée par une quasi-division entre d’une part des approches médico-centrées et d’autre part des approches soutenues par les acteurs du secteur social, la prévention que nous défendons prétend, au contraire, réunir des compétences larges et variées, au profit de la production de nouvelles connaissances et de nouveaux moyens d’action, dans une nouvelle transition hôpital-ville. Enfin, nous opérons la transition d’une recherche scientifique davantage ouvert sur la société, non pas seulement parce qu’elle vise à apporter des solutions aux problématiques sanitaires rencontrées par la population, mais aussi et surtout parce qu’elle entend intégrer les citoyens dans sa marche même. 


La programmation de notre évènement, par les invités à qui elle donne parole et par ses formes d’animation (atelier World café organisé simultanément des deux côtés de l’océan), par sa construction même (appel à communications à destination des jeunes chercheurs), ainsi que les livrables que nous souhaitons produire – notamment la publication dans la revue en ligne The Conversation et d’un position paper – témoignent de l’ouverture de notre évènement à un large panel d’acteurs. Les EJC représentent ainsi une opportunité sans nulle autre pareille pour réfléchir, partager, et coconstruire autour de défis qui sont parmi les plus importants que nos sociétés ont à relever.

Programme

  • 8h30-9h00 : Accueil café

  • 9h00 – 9h15 : Le rôle des Centres Unicancer dans le virage préventif

    • Jean-Yves Blay, Directeur général du Centre Léon Bérard, Président, Fédération Unicancer
  • 9h15-9h30 : Contrat Local Santé, un outil de terrain pour réussir le virage préventif

    • Céline De Laurens
  • 9h30-10h30 : Session « Aller vers »

  • 9h30-10h00 : La littératie organisationnelle co-construite : repérer, orienter, diagnostiquer le cancer ORL

    • Chloé Hamant, Référente régionale Recherche et Méthodes d’enquête, Instance Régionale d’Éducation et Promotion de la Santé
  • 10h00-10h30 : Intervenir en prévention primaire : un incontournable dans la lutte aux cancers

    • Sophie Marcoux, Médecin-conseil & Professeur adjoint de clinique, CISSS Bas-Ste-Laurent & Faculté de médecine Université Laval
  • 10h30-11h00 : Pause-café

  • 11h00-12h00 : Session « Prévention ciblée »

  • 11h00-11h30 : Intervenir avec succès en prévention : cibles d’action, partenariats et évaluation

    • Lise Gauvin, Professeure & Chercheuse, ESPUM/CRCHUM
  • 11h30-12h00 : Présentation du projet PREV-AIDANT

    • Pauline Vidican, Médecin en prévention primaire des cancers, Centre Léon Bérard
  • 12h00-12h30 : Activité physique et cancer : intégrer les recommandations et la promotion de l’activité physique dans la pratique clinique

    • Isabelle Doré, Professeur adjoint & Chercheur, Université de Montréal & CRCHUM
  • 12h30-14h00 : Pause déjeuner

  • 14h00-14h30 : Quelle implication des professions infirmières dans la prévention des cancers ?

    • Christelle Galvez, Directrice des soins infirmiers, Centre Léon Bérard
  • 14h30-17h15 : Atelier World Café

  • 14h30-14h45 : Explication et mise en place

    • Marine Delaunay, Cheffe de projet Prévention, Cancéropôle Lyon Auvergne Rhône-Alpes (CLARA)
    • Julien Biaudet, Responsable Prévention primaire et Promotion de la santé, Centre Léon Bérard
  • 15h00-16h30 : Déroulement de l’atelier

  • 16h30-17h00 : Pause

  • 17h00-17h15 : Restitution

  • 17h15 – 17h30 : Conclusion / Regards croisés

    • Lise Gauvin, Professeure & Chercheuse, ESPUM/CRCHUM
    • Béatrice Fervers, Oncologue, Chercheuse, Professeur coordinatrice, Département Prévention Cancer Environnement du Centre Léon Bérard

Intervenants

Jean-Yves Blay

Directeur général du Centre Léon Bérard, Président

Fédération Unicancer

Lise Gauvin

Professeure & Chercheuse

ESPUM/CRCHUM

Béatrice Fervers

Oncologue, Chercheuse, Professeur coordinatrice

Département Prévention Cancer Environnement du Centre Léon Bérard

Chloé Hamant

Référente régionale Recherche et Méthodes d’enquête

Instance Régionale d’Éducation et Promotion de la Santé

Sophie Marcoux

Médecin-conseil & Professeur adjoint de clinique

CISSS Bas-Ste-Laurent & Faculté de médecine Université Laval

Isabelle Doré

Professeur adjoint & Chercheur

Université de Montréal & CRCHUM

Pauline Vidican

Médecin en prévention primaire des cancers

Centre Léon Bérard

Christelle Galvez

Directrice des soins infirmiers

Centre Léon Bérard

Julien Biaudet

Responsable Prévention primaire et Promotion de la santé

Centre Léon Bérard